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18/02/2017

Aulnay sous bois : la violence dans la police peut aussi contribuer à expliquer celle qui s'exerce sur les citoyens

Le nombre de suicides indique le niveau du mépris qui règne dans la police. Les violences policières sont aussi une conséquence des violences internes à la police que la justice et l'institution policière refusent de sanctionner, ménagent ou cautionnent, malgré les dénonciations et l'obligation positive à garantir l'effectivité du droit à un recours effectif. La mansuétude pour des dysfonctionnements graves favorise la brutalité qui fait système et dont la responsabilité est hiérarchique, institutionnelle et politique.


Il y a une erreur de méthode à limiter la compréhension de la brutalité policière au(x) seul(s) agent(s) qui la commet(tent).

Il est peu probable que des comportements brutaux ne soient pas remontés aux responsables administratifs ou aux élus locaux.

L'immaturité démocratique au sommet de l'Etat, comme au niveau local, engendre la violence institutionnelle, cache-misère de l'abdication politique et de son échec social.

Ce blog montre que l'IPGN et le ministère de l'intérieur sont plus prompts à sanctionner des policiers qui dénoncent des dysfonctionnements discriminatoires attentatoires à la dignité humaine.

La contradiction soulève la question de la nature politique de l'IGPN et la complicité du parquet à poursuivre et sanctionner des syndicalistes exerçant leur liberté d'expression,. Un manque d'enthousiasme à adhérer à la doctrine du rapport de forces ou à une mentalité déjà condamnée par la CEDH suffit pour déplaire.

L'affaire d'Aulnay ne peut pas être évoquée sans aborder

  • la responsabilité de la puissance publique en terme de police comme de justice.
  • l'obligation d'obéissance qui contraint les agents au silence et qui ne devrait être opposable que pour les instructions écrites.
  • l'absence d'un droit de retrait efficace et l'irresponsabilité du donneur d'ordre en droit de la fonction publique.
  • la mission principale du ministère de l'intérieur de garantir l'effectivité des libertés publiques. Il n'est pas le ministère de l'ordre ni celui de la sécurité mais avant tout celui des droits de l'Homme auxquels il manque très gravement.
  • la police est seulement un auxiliaire de la justice et non le contraire.
  • l'obligation d'impartialité de la procédure, tant pour la police que le parquet.
  • la nécessité de placer la police judiciaire sous l'autorité exclusive de la justice.
  • l'impératif de confier les enquêtes sur les dysfonctionnements de la police à des magistrats du siège.
  • le souci d'une bonne administration de la justice qui commande à ce que soit délocalisé une affaire où le ministère public se trouve en conflit d'intérêt, comme à Aulnay sous bois, puisqu'il note, dirige et contrôle l'action de la police. Dans l'affaire d'Aulnay, c'est le parquet qui note les policiers qui intervient dans le dossier...

Le libéralisme autoritaire - la dérive fascistoïde - n'est pas une fatalité. Il n'est qu'une conséquence.

Les rednecks ont moins contribué au succès de Trump que ceux qui pendant des années ont négligé le bien-être général en étant au pouvoir. Ce qui est le but d'une société et de l'action politique dans un Etat de droit démocratique moderne.

Aulnay illustre la dérive d'un discours banalisant les propos et justifiant les comportements  institutionnels anormaux et persistants.

La mansuétude à l'égard d'une catégorie de la population au regard de la disproportion de la répression du plus grand nombre pour maintenir l'illusion d'une rigueur de la justice a pour effet de rompre la confiance de l'opinion dans la forme démocratique des institutions, d'où le regain de l'extrême-droite et la montée de l"abstention.

 

 

 

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